Il est pratiquement affirmé que le vaccin antitétanique est inoffensif : « il …

Comment on Faut-il remettre en cause la vaccination ? by Bernard Guennebaud.

Il est pratiquement affirmé que le vaccin antitétanique est inoffensif : « il n’y a jamais de complications locales ni générales » écrit la brochure déjà citée (1975), émanation du CTV de l’époque. Pourtant, j’ai pu consulter une publication dans les annales de l’Institut Pasteur (1970 je crois, ou 1972). Trois auteurs, Bizini, Turpin et un troisième avaient conduit pendant 10 ans des travaux aboutissant à un vaccin antitétanique dit  »adsorbé » afin d’éviter les complications très graves observées au cours de rappels. L’étude débutait en citant 5 publications internationales (aucune française) qui relataient de tels incidents. En France, les journaux avaient annoncé qu’une infirmière de Lyon avait été indemnisée pour une greffe de rein consécutive à une glomérulo-néphrite provoquée par un rappel antitétanique obligatoire.

Il avait été établi que de tels incidents pouvaient se produire quand le rappel était effectué alors que la personne avait encore beaucoup d’anticorps présents. A cette époque la fréquence des rappels DTP obligatoires dans les hôpitaux et à l’armée était de 5 ans. Elle a par la suite été repoussée à 10 ans puis à 20 ans en 2013. De plus, dans les années 70 la préconisation était un rappel après la blessure si le dernier rappel datait de plus de 2 ans, tout en insistant sur les risques d’une piqûre d’épingle ou de rosier … Ce qui reviendrait en pratique à faire des rappels tous les 2 ans !!!

Cette recommandation, particulièrement commode pour innocenter le vaccin en cas de tétanos chez un vacciné, a disparu au cours des années 80 je pense, sans que je puisse préciser. Probablement en raison du danger qu’elle présentait en multipliant les rappels. Vers 1978 j’ai pu avoir 2 témoignages. Le premier venait d’une infirmière qui avait fait un œdème de Quincke après son rappel de DTP. A l’hôpital ils ont recherché le vaccin en cause, c’était l’antitétanique selon ce qu’elle m’a raconté. Elle me disait que désormais elle était toute nue devant le tétanos, qu’à vie elle ne pouvait plus recevoir de vaccin antitétanique ou de sérum sous peine de mort. J’aurais pu la rassurer en lui disant que les anticorps subsistent très longtemps et qu’avec la dose qu’elle devait avoir elle ne risquait rien avant très longtemps. Pour éviter cela elle s’était faite tatouée cette interdiction absolue au cas où elle serait inconsciente. Elle m’a dit qu’il existait un endroit particulier du corps que les médecins se doivent de regarder pour s’assurer qu’aucune information n’y est mentionnée.

Un autre par un agriculteur. Son médecin lui faisait des rappels tous les 5 ans, les fourches, le fumier … Mais une fois il a eu un gros problème rénal. Il m’a dit que maintenant il n’était plus aussi vigoureux, ce qui est très fâcheux pour un agriculteur. Sans compter la perte d’espérance et de qualité de vie.

Je vais en obtenir un troisième en 1995. Une élève de 4ième participe avec son collège à une manifestation sportive organisée par les militaires. Elle se blesse très modérément. Elle est conduite à la tente médicale dressée par les militaires et là un infirmier militaire a déjà préparé une seringue pour un rappel antitétanique quand la prof responsable des élèves arrive à son tour et arrête l’infirmier. Il allait faire cela sans aucune connaissance du dossier médical et sans avoir contacté une personne responsable de l’élève alors que la prof était sur place. Il n’y avait pourtant aucune urgence, on avait le temps d’informer les parents, de rechercher des informations. Elle aurait pu avoir reçu un rappel DTP peu de temps auparavant avant ou même la veille. On n’a pas le droit de jouer avec cela. Elle n’a pas eu de rappel et pas de tétanos non plus…

Moralité : même si on pense que la vaccination antitétanique est indispensable, la banalisation de son usage est très dangereuse. Toute vaccination est un acte médical à part entière, un vaccin, quel qu’il soit est un produit potentiellement dangereux, voire très dangereux si on en ignore les vraies limites d’utilisation qui ne sont pas forcément celles des recommandations officielles.

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Faut-il remettre en cause la vaccination ?
SUITE
Voici ce que dit Daniel Floret sur la publication Langer Gould (2014) :
 « L’augmentation du risque de révélation d’une ADSN à proximité immédiate d’une vaccination (tous vaccins confondus) est une constatation intéressante … en accord avec le fait démontré que l’apparition des premières manifestations de SEP fait suite à un processus immunitaire et un processus de démyélinisation débuté depuis plusieurs années auparavant. »
« Cette étude est très rassurante dans la mesure où elle démontre à 3 ans l’absence de lien entre toute vaccination et la révélation d’un ADSN. Ce fait est notamment démontré pour les vaccins hépatite B et HPV . »
Il y a effectivement un signal sur le délai de 14 jours montrant un accroissement significatif du nombre d’atteintes démyélinisantes mais pas sur les délais de 1 et 3 ans. Cependant un simple regard sur les nombres de témoins vaccinés montre que ces tests sont sans valeur sur ces délais : 854 témoins vaccinés sur la première année contre 508 pour les 2 années suivantes cumulées alors qu’il en faudrait à peu près 1708, le double de 854. Pourtant, avec 195 cas la première année contre 106 pour les 2 années suivantes on a un signal extrêmement fort qu’on voit logiquement disparaître en cas-témoins vu la répartition des témoins.
Mais cela ne signifie pas pour autant que le vaccin se serait montré plus dangereux la première année qu’ensuite. Ici on teste par rapport au délai entre l’apparition de la démyélinisation et la date de la dernière vaccination pratiquée. Si on faisait une vaccination tous les ans, la grippe par exemple, il y aurait 0 cas et 0 témoins vaccinés au delà de la première année.
On serait alors dans l’ultra significatif, mais de quoi ? De la conduite de la vaccination dans la population et de rien d’autres ! La période d’observation incluait les années 2009 et 2010 et donc la vaccination contre le H1N1 dit pandémique. Cela a pu accroitre les nombres de cas et témoins classés dans l’année.
En bref, les tests Langer-Gould sur des durées longues ne permettent en aucune façon de conclure comme cela a été fait et ce pour des raisons purement mathématiques et faciles à mettre en évidence.
Par contre, le test sur 14 jours n’est pas frappé par ces réserves car on ne vaccine pas toutes les 2 semaines ! De plus, la répartition des témoins vaccinés montre un excédent de témoins sur la période de 14 jours (29 contre 17,4 en moyenne), ce qui signifie que le test pourrait être encore plus significatif. Il est donc ainsi confirmé.
Le 12 janvier 2016 le directeur de l’ANSP, s’appuyant sans doute sur les conclusions de Langer-Gould, a affirmé « qu’il était démontré qu’il n’y avait pas de lien entre la sclérose en plaques et la vaccination hépatite B ». Non, cette publication ne permet pas de le démontrer. Il s’agit d’une erreur très grossière d’analyse statistique de données.
Résumé publication Langer Gould
http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549


Faut-il remettre en cause la vaccination ?
@ Camatte Merci pour votre réponse. jJe ne fais pas répondre pour ne pas multiplier les sous-cadres …Je ne cherche pas non plus à répondre directement à vos interrogations. Voici ce que j’ai réalisé il y a un peu plus d’un an et que je vais couper en 2 commentaires.

L’étude de l’impact d’une campagne de vaccinations (par exemple) comporte 2 phases :
La phase 1, la collecte des données, conduit à retenir un échantillon de cas auxquels on associe généralement des témoins. Si les distorsions entre l’échantillon retenu et la réalité qu’on veut décrire paraissent trop importantes, on parle alors de biais, on admet que ce qu’on trouvera sur l’échantillon ne pourra pas forcément s’appliquer à la population source.

La phase 2 consiste à étudier l’échantillon. On le fait en usant de tests statistiques qui s’appuient implicitement sur des lois de probabilités qui, pour fonctionner correctement demandent certaines conditions. Sans chercher à couper les cheveux en 4 il faudrait s’assurer que ces conditions sont suffisamment satisfaites pour ne pas inverser ce que l’échantillon pourrait révéler comme  neutraliser un signal qui pourrait exister. Or cela se produit dans des études publiées. Très facile à mettre en évidence il est tout aussi aisé d’en pointer les causes mathématiques et pratiques.

Exemple : la publication Tardieu 2007 fait état de 62 cas de sclérose en plaques apparues dans les 4 années qui suivent une vaccination hépatite B contre 12 au cours des 2 années suivantes, soit 5 fois moins, ce qui constitue un signal très fort et immédiat. Il y a 476 témoins vaccinés sur les 4 premières années contre 102 pour les 2 années suivantes, soit 4,7 fois moins ce qui tue toute possibilité de signal en cas-témoins puisque la variations très importante sur les cas est en phase avec celle des témoins.

Pour que le test soit mathématiquement valable les témoins vaccinés devraient se répartir à peu près à la proportionnelle entre les durées de 4 et 2 ans soit 385 pour les 4 premières années et 193 pour les 2 années suivantes aux variations aléatoires près. Plus de détails [1]. On constate alors aussitôt que le signal apparaît en cas-témoins. Il est aisé de pointer la cause pratique de cette situation mathématique : le calendrier vaccinal et la campagne spécifique de vaccination qui conduisent à vacciner à peu près en même temps des enfants du même âge comme le sont les témoins par rapport à leurs cas associés. Il n’y a plus l’indépendance nécessaire entre les dates de vaccination des cas et témoins associés pour assurer une répartition aléatoire des témoins entre les 4 premières années et les 2 années suivantes.

Il en va de même pour l’étude américaine Langer Gould où tous les tests portent sur des délais et non sur « être ou ne pas être vacciné ». Seuls les délais très courts peuvent être acceptables de ce point de vue mathématique, indépendamment de toutes autres considérations, ce qui invalide certaines conclusions [1].
Le problème fondamental qu’il faut aussi soulever est que l’épidémiologie a totalement ignoré la phase 2 comme l’atteste par exemple le rapport récent du HCSP sur la gradation des étude[2] où seule la phase 1 est notée alors qu’il faudrait 2 notes indépendantes pour chacune des 2 phases, la phase 1 pouvant mériter la meilleure note et la phase 2 la plus mauvaise.

[1] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/10/31/32861683.html
[2] http://hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=538


Faut-il remettre en cause la vaccination ?
Ce n’était pas à vous que je répondais pour la bonne raison que je n’avais pas vu votre message posté à 17h01 alors que le mien est daté 17h04. Quand j’avais commencé à le mettre en place, le votre n’y était pas. Je répondais au Dr Dupagne qui réclamait depuis un moment des éléments sur la vaccination antitétanique. Ma conclusion était simple : il ne faut pas utiliser n’importe comment le vaccin antitétanique en multipliant les rappels. Les travaux de Bizini et al. comme les cas particuliers dont j’ai pu avoir connaissance le démontrent parfaitement. Dans ce contexte, ces cas particuliers ont toute leur valeur, du moins pour moi car je n’ai aucune raison de douter de leur authenticité et ils correspondent aux cas relatés dans la publication Bizini. Il ne faut banaliser aucune vaccination. Je pense que c’est une très bonne conclusion avec laquelle nous pourrions tous être en accord.

Reconnaissez aussi que pour ma part je n’ai injurié personne et je déplore que certains le fassent tout en m’interrogeant (ils sont anonymes) alors restez calme s’il-vous-plait comme un chirurgien se doit de l’être. Le Dr Dupagne veut un débat de qualité, je pense y contribuer plus que beaucoup d’autres…

Ne me demandez pas tout ! Je suis mathématicien (maths pures) mais j’ai enseigné la statistique pendant 20 ans dans une université. J’avais aussi travaillé sur des modélisations de maladies contagieuses. Je ne suis en aucune façon expert (cad mandaté par une autorité demandant un avis). Je suis un chercheur par goût et j’observe l’épidémiologie pour y faire des constats. A titre d’exemple, voici ce qu’il est possible de faire sur les données des publications Tardieu 2007 et 2008 sur les SEP et les atteintes démyélinisantes centrales (ADC) chez les enfants après vaccination hépatite B et que les auteurs et les Comités commentateurs de ces publications n’ont pas vu :

Premier signal : il a été retenu 154 ADC chez les vaccinés dont 80 (52%) sont devenues des SEP contre 195 ADC chez les non vaccinés dont 63 (32%) sont devenues des SEP. A vue le taux de SEP parmi les ADC est significativement beaucoup plus élevé chez les vaccinés. Un calcul le confirme : moins d’une chance sur 10000 d’obtenir un écart aussi important que celui observé. C’est un signal très, très fort et d’autant plus convaincant qu’il ne fait pas appel aux témoins.
Interprétation : le vaccin aurait pu favoriser l’évolution en SEP d’une ADC qui soit serait apparue sans cette vaccination mais n’aurait pas évoluer en SEP ; soit que l’ADC aurait été crée par cette vaccination pour évoluer en SEP dans la fenêtre d’observation.

Second signal : la moyenne d’âge des ADC non SEP est 7,8 ans contre 11,5 pour les SEP alors que la date retenue est celle de la première atteinte dans les 2 groupes, ce qui les rend comparables. L’écart est énorme (3,7 ans) comparé aux moyennes observées. Ce signal confirme le premier : des enfants qui auraient dû être parmi les ADC non SEP se sont retrouvés dans le groupe SEP, venant tout à la fois grossir ses effectifs et faire croître sa moyenne d’âge, ce qui oblige à supposer que leur âge était élevé (>12 ans assez souvent). De plus, en quittant le groupe des ADC non SEP ils contribuent, chemin faisant, à en abaisser la moyenne. Autre possibilité non exclusive : des ADC crées par la vaccination à un âge élevé et qui évoluent en SEP. Ces observations pointent tout particulièrement les classes d’âge vaccinées au collège en sixième par la nécessité d’un âge élevé pour accroitre la moyenne.

On peut d’ailleurs constater qu’en cas-témoins le groupe des ADC non SEP est significatif côté « vaccin protecteur ». Cela signifie que le déficit de cas dans ce groupe se retrouve soit dans la classification « non malade » (effet protecteur possible du vaccin) soit dans la classification « sclérose en plaques » (effet aggravant possible du vaccin).

On voit ainsi qu’un OR significatif inférieur à 1 peut très bien correspondre à un effet aggravant qui modifie la classification et non à un effet protecteur, ce qui ne semble pas avoir été vu par les commentateurs (au congrès Sfsp de Lille en 2011un intervenant de haut niveau avança, à la session vaccinations du CTV, que le vaccin hépatite B avait pu avoir un effet protecteur contre les ADC non SEP … )
A suivre … mais j’attends d’abord votre réaction.