Quelques  »fondamentaux » sur la polio : La contamination par le virus polio …

Comment on Faut-il remettre en cause la vaccination ? by Bernard Guennebaud.

Quelques  »fondamentaux » sur la polio :

La contamination par le virus polio se fait généralement par voie orale. Les virus vont alors suivre les deux mêmes voies que la nourriture : certains franchiront la barrière intestinale et d’autres poursuivront leur route avec les selles. Les anticorps du vaccin injectable, le seul utilisé en France depuis très longtemps, pourra stopper les virus ayant franchi la barrière intestinale et ainsi éviter, le cas échéant, une paralysie. OK ! Par contre les anticorps crées par le vaccin injectable ne pourront que regarder les autres virus polio poursuivre leur route dans l’intestin. C’est très clair et parfaitement reconnu : le vaccin injectable n’a aucun effet sur la propagation des virus polio.

C’est pour cette raison qu’on a crée un vaccin oral à virus vivants (VPO) et que c’est lui qui est utilisé et non l’injectable dans le programme d’éradication des virus polio sauvages. Le VPO crée 2 immunités : les virus du vaccin qui passent la barrière intestinale peuvent créer des anticorps comme l’injectable, mais aussi, parfois, une paralysie chez le vacciné. Il va aussi créer une immunité intestinale qui permettra de neutraliser les virus polio qui, plus tard, passeraient par là. Très Bien ! Sauf, petit détail, que cette immunité n’existe pas à la première ingestion du vaccin. Aussi des virus vaccinaux poursuivent leur route pour aller là où iront les selles. Ce sera tout le sel de l’histoire, si je puis dire !

En effet, s’il existe une collecte et un traitement des eaux usées, les virus contenus dans les selles seront neutralisés. Par contre si elle peuvent contaminer des eaux qui seront par la suite consommées par les populations, ces virus vaccinaux pourront circuler dans les intestins des populations, se recombiner avec d’autres entérovirus et redevenir virulents comme cela a été maintes fois constaté.

Aussi l’arrêt du VPO fait partie intégrante du plan d’éradication comme l’OMS ne cesse de le rappeler. Une chose devrait être très claire : si ces 2 vaccins peuvent éviter des paralysies chez des vaccinés, aucun des deux ne peut permettre l’arrêt de la circulation de l’ensemble des virus polio, sauvages ou d’origine vaccinale. Or ces virus ont cessé de circuler en France et même dans la zone Europe de l’OMS (sauf importations ponctuelles). L’éradication ne veut pas seulement dire « plus de paralysies » mais « les virus polio ne circulent plus » ce qui est très différent.

La preuve la plus spectaculaire : alors que le polio virus sauvage de type 2 était officiellement éradiqué (20 septembre 2015) des paralysies provoquées par des poliovirus dérivés de souches vaccinales de type 2 étaient relatées par l’OMS au Mali le 7 septembre 2015 et aussi au Myanmar (dernier cas le 5 octobre 2015). La simultanéité de ces informations est particulièrement révélatrice ! [1]

En conclusion ce ne sont pas les vaccins qui ont permis de stopper cette circulation, ils ne le peuvent pas. Ce sont l’ensemble des mesures de maitrise de l’eau, à commencer par la collecte des eaux usées et leur assainissement (totalement différent du tout à l’égout où les eaux ne sont pas traitées, ce qui a sans aucun doute largement favorisé les épidémies de polio).

[1] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/09/24/32675770.html

Bernard Guennebaud Also Commented

Faut-il remettre en cause la vaccination ?
SUITE
Voici ce que dit Daniel Floret sur la publication Langer Gould (2014) :
 « L’augmentation du risque de révélation d’une ADSN à proximité immédiate d’une vaccination (tous vaccins confondus) est une constatation intéressante … en accord avec le fait démontré que l’apparition des premières manifestations de SEP fait suite à un processus immunitaire et un processus de démyélinisation débuté depuis plusieurs années auparavant. »
« Cette étude est très rassurante dans la mesure où elle démontre à 3 ans l’absence de lien entre toute vaccination et la révélation d’un ADSN. Ce fait est notamment démontré pour les vaccins hépatite B et HPV . »
Il y a effectivement un signal sur le délai de 14 jours montrant un accroissement significatif du nombre d’atteintes démyélinisantes mais pas sur les délais de 1 et 3 ans. Cependant un simple regard sur les nombres de témoins vaccinés montre que ces tests sont sans valeur sur ces délais : 854 témoins vaccinés sur la première année contre 508 pour les 2 années suivantes cumulées alors qu’il en faudrait à peu près 1708, le double de 854. Pourtant, avec 195 cas la première année contre 106 pour les 2 années suivantes on a un signal extrêmement fort qu’on voit logiquement disparaître en cas-témoins vu la répartition des témoins.
Mais cela ne signifie pas pour autant que le vaccin se serait montré plus dangereux la première année qu’ensuite. Ici on teste par rapport au délai entre l’apparition de la démyélinisation et la date de la dernière vaccination pratiquée. Si on faisait une vaccination tous les ans, la grippe par exemple, il y aurait 0 cas et 0 témoins vaccinés au delà de la première année.
On serait alors dans l’ultra significatif, mais de quoi ? De la conduite de la vaccination dans la population et de rien d’autres ! La période d’observation incluait les années 2009 et 2010 et donc la vaccination contre le H1N1 dit pandémique. Cela a pu accroitre les nombres de cas et témoins classés dans l’année.
En bref, les tests Langer-Gould sur des durées longues ne permettent en aucune façon de conclure comme cela a été fait et ce pour des raisons purement mathématiques et faciles à mettre en évidence.
Par contre, le test sur 14 jours n’est pas frappé par ces réserves car on ne vaccine pas toutes les 2 semaines ! De plus, la répartition des témoins vaccinés montre un excédent de témoins sur la période de 14 jours (29 contre 17,4 en moyenne), ce qui signifie que le test pourrait être encore plus significatif. Il est donc ainsi confirmé.
Le 12 janvier 2016 le directeur de l’ANSP, s’appuyant sans doute sur les conclusions de Langer-Gould, a affirmé « qu’il était démontré qu’il n’y avait pas de lien entre la sclérose en plaques et la vaccination hépatite B ». Non, cette publication ne permet pas de le démontrer. Il s’agit d’une erreur très grossière d’analyse statistique de données.
Résumé publication Langer Gould
http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549


Faut-il remettre en cause la vaccination ?
@ Camatte Merci pour votre réponse. jJe ne fais pas répondre pour ne pas multiplier les sous-cadres …Je ne cherche pas non plus à répondre directement à vos interrogations. Voici ce que j’ai réalisé il y a un peu plus d’un an et que je vais couper en 2 commentaires.

L’étude de l’impact d’une campagne de vaccinations (par exemple) comporte 2 phases :
La phase 1, la collecte des données, conduit à retenir un échantillon de cas auxquels on associe généralement des témoins. Si les distorsions entre l’échantillon retenu et la réalité qu’on veut décrire paraissent trop importantes, on parle alors de biais, on admet que ce qu’on trouvera sur l’échantillon ne pourra pas forcément s’appliquer à la population source.

La phase 2 consiste à étudier l’échantillon. On le fait en usant de tests statistiques qui s’appuient implicitement sur des lois de probabilités qui, pour fonctionner correctement demandent certaines conditions. Sans chercher à couper les cheveux en 4 il faudrait s’assurer que ces conditions sont suffisamment satisfaites pour ne pas inverser ce que l’échantillon pourrait révéler comme  neutraliser un signal qui pourrait exister. Or cela se produit dans des études publiées. Très facile à mettre en évidence il est tout aussi aisé d’en pointer les causes mathématiques et pratiques.

Exemple : la publication Tardieu 2007 fait état de 62 cas de sclérose en plaques apparues dans les 4 années qui suivent une vaccination hépatite B contre 12 au cours des 2 années suivantes, soit 5 fois moins, ce qui constitue un signal très fort et immédiat. Il y a 476 témoins vaccinés sur les 4 premières années contre 102 pour les 2 années suivantes, soit 4,7 fois moins ce qui tue toute possibilité de signal en cas-témoins puisque la variations très importante sur les cas est en phase avec celle des témoins.

Pour que le test soit mathématiquement valable les témoins vaccinés devraient se répartir à peu près à la proportionnelle entre les durées de 4 et 2 ans soit 385 pour les 4 premières années et 193 pour les 2 années suivantes aux variations aléatoires près. Plus de détails [1]. On constate alors aussitôt que le signal apparaît en cas-témoins. Il est aisé de pointer la cause pratique de cette situation mathématique : le calendrier vaccinal et la campagne spécifique de vaccination qui conduisent à vacciner à peu près en même temps des enfants du même âge comme le sont les témoins par rapport à leurs cas associés. Il n’y a plus l’indépendance nécessaire entre les dates de vaccination des cas et témoins associés pour assurer une répartition aléatoire des témoins entre les 4 premières années et les 2 années suivantes.

Il en va de même pour l’étude américaine Langer Gould où tous les tests portent sur des délais et non sur « être ou ne pas être vacciné ». Seuls les délais très courts peuvent être acceptables de ce point de vue mathématique, indépendamment de toutes autres considérations, ce qui invalide certaines conclusions [1].
Le problème fondamental qu’il faut aussi soulever est que l’épidémiologie a totalement ignoré la phase 2 comme l’atteste par exemple le rapport récent du HCSP sur la gradation des étude[2] où seule la phase 1 est notée alors qu’il faudrait 2 notes indépendantes pour chacune des 2 phases, la phase 1 pouvant mériter la meilleure note et la phase 2 la plus mauvaise.

[1] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/10/31/32861683.html
[2] http://hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=538


Faut-il remettre en cause la vaccination ?
Ce n’était pas à vous que je répondais pour la bonne raison que je n’avais pas vu votre message posté à 17h01 alors que le mien est daté 17h04. Quand j’avais commencé à le mettre en place, le votre n’y était pas. Je répondais au Dr Dupagne qui réclamait depuis un moment des éléments sur la vaccination antitétanique. Ma conclusion était simple : il ne faut pas utiliser n’importe comment le vaccin antitétanique en multipliant les rappels. Les travaux de Bizini et al. comme les cas particuliers dont j’ai pu avoir connaissance le démontrent parfaitement. Dans ce contexte, ces cas particuliers ont toute leur valeur, du moins pour moi car je n’ai aucune raison de douter de leur authenticité et ils correspondent aux cas relatés dans la publication Bizini. Il ne faut banaliser aucune vaccination. Je pense que c’est une très bonne conclusion avec laquelle nous pourrions tous être en accord.

Reconnaissez aussi que pour ma part je n’ai injurié personne et je déplore que certains le fassent tout en m’interrogeant (ils sont anonymes) alors restez calme s’il-vous-plait comme un chirurgien se doit de l’être. Le Dr Dupagne veut un débat de qualité, je pense y contribuer plus que beaucoup d’autres…

Ne me demandez pas tout ! Je suis mathématicien (maths pures) mais j’ai enseigné la statistique pendant 20 ans dans une université. J’avais aussi travaillé sur des modélisations de maladies contagieuses. Je ne suis en aucune façon expert (cad mandaté par une autorité demandant un avis). Je suis un chercheur par goût et j’observe l’épidémiologie pour y faire des constats. A titre d’exemple, voici ce qu’il est possible de faire sur les données des publications Tardieu 2007 et 2008 sur les SEP et les atteintes démyélinisantes centrales (ADC) chez les enfants après vaccination hépatite B et que les auteurs et les Comités commentateurs de ces publications n’ont pas vu :

Premier signal : il a été retenu 154 ADC chez les vaccinés dont 80 (52%) sont devenues des SEP contre 195 ADC chez les non vaccinés dont 63 (32%) sont devenues des SEP. A vue le taux de SEP parmi les ADC est significativement beaucoup plus élevé chez les vaccinés. Un calcul le confirme : moins d’une chance sur 10000 d’obtenir un écart aussi important que celui observé. C’est un signal très, très fort et d’autant plus convaincant qu’il ne fait pas appel aux témoins.
Interprétation : le vaccin aurait pu favoriser l’évolution en SEP d’une ADC qui soit serait apparue sans cette vaccination mais n’aurait pas évoluer en SEP ; soit que l’ADC aurait été crée par cette vaccination pour évoluer en SEP dans la fenêtre d’observation.

Second signal : la moyenne d’âge des ADC non SEP est 7,8 ans contre 11,5 pour les SEP alors que la date retenue est celle de la première atteinte dans les 2 groupes, ce qui les rend comparables. L’écart est énorme (3,7 ans) comparé aux moyennes observées. Ce signal confirme le premier : des enfants qui auraient dû être parmi les ADC non SEP se sont retrouvés dans le groupe SEP, venant tout à la fois grossir ses effectifs et faire croître sa moyenne d’âge, ce qui oblige à supposer que leur âge était élevé (>12 ans assez souvent). De plus, en quittant le groupe des ADC non SEP ils contribuent, chemin faisant, à en abaisser la moyenne. Autre possibilité non exclusive : des ADC crées par la vaccination à un âge élevé et qui évoluent en SEP. Ces observations pointent tout particulièrement les classes d’âge vaccinées au collège en sixième par la nécessité d’un âge élevé pour accroitre la moyenne.

On peut d’ailleurs constater qu’en cas-témoins le groupe des ADC non SEP est significatif côté « vaccin protecteur ». Cela signifie que le déficit de cas dans ce groupe se retrouve soit dans la classification « non malade » (effet protecteur possible du vaccin) soit dans la classification « sclérose en plaques » (effet aggravant possible du vaccin).

On voit ainsi qu’un OR significatif inférieur à 1 peut très bien correspondre à un effet aggravant qui modifie la classification et non à un effet protecteur, ce qui ne semble pas avoir été vu par les commentateurs (au congrès Sfsp de Lille en 2011un intervenant de haut niveau avança, à la session vaccinations du CTV, que le vaccin hépatite B avait pu avoir un effet protecteur contre les ADC non SEP … )
A suivre … mais j’attends d’abord votre réaction.