Il est clair que les dépassements d’honoraires permis à certains …

Comment on 25 euros, le juste prix pour une consultation de généraliste ? by Dominique Dupagne.

Il est clair que les dépassements d’honoraires permis à certains médecins (et dont je bénéficie à titre personnel) constituent une cause majeure de la faiblesse des honoraires conventionnels. Tous ceux qui auraient un poids suffisant pour peser sur les décideurs ou sur le ministère sont salariés ou bénéficient du secteur à honoraires libres, et sont donc peu motivés pour se battre pour des honoraires conventionnels décents.

Dominique Dupagne Also Commented

25 euros, le juste prix pour une consultation de généraliste ?
Et donc pourquoi ne pas avoir voté pour le compteur suisse ?


25 euros, le juste prix pour une consultation de généraliste ?
Bonjour DocHuman

Comme vous le dites, le système conventionnel actuel date du cercle dernier, mais celui que vous appelez de vos voeux est encore plus ancien : c’est le libéralisme pur et dur, sans remboursement ni quelconque prise en charge. Il faut revoir le Dr Knock ou le triomphe de la médecine pour réaliser en quoi consistait ce type d’exercice qui était loin de faire la fortune des médecins d’avant-guerre :

L’Assurance maladie solidaire, à partir de la deuxième moitié du XXe siècle, a prélevé des sommes conséquentes sur les salaires pour permettre le remboursement des soins. Cette manne financière a solvabilisé la clientèle et a fait la fortune des médecins libéraux, au moins jusqu’en 1990.

Cette solvabilisation est d’ailleurs ce qui fait dire (à tort) par certains que nous serions des salariés de l’Assurance maladie.

Rien n’empêche un médecin de devenir totalement libéral en se déconventionnant. Mais il risque d’avoir du mal à remplir son carnet de RV. Vous me direz qu’il y a une injustice car ses patients restent pourtant prélevés de cotisations maladie sur leur salaire, et vous n’avez pas tort.

Reste qu’une explosion du système français sous le poids de la dette, qui est peut-être inéluctable, aboutira à un système de ce type. Je l’avais prédit, sans doute trop tôt, ici : http://www.atoute.org/n/article221.html

En attendant, je me suis demandé il y a quelques années pourquoi les médecins, qui sont en position de force du fait de leur rareté, n’avaient pas imposé leurs conditions (comme le font les contrôleurs aériens) et la réponse m’a agréablement surpris : parce qu’il craignent de mettre leurs malades aux revenus modestes dans une situation dramatique.


25 euros, le juste prix pour une consultation de généraliste ?
Bonjour Wickers

Relisez le deuxième paragraphe de l’introduction du sondage… Je suis vigilant sur le fait que ce site ne soit pas centré sur les seuls généralistes.

La situation des spécialistes conventionnés en secteur 1 est tout aussi critique, surtout pour ceux qui ne peuvent facturer d’actes techniques rémunérateurs.

Votre spécialité (la dermatologie) est typique de cette situation. Pas d’acte technique, mais heureusement des consultations relativement courtes. En revanche, si vous travaillez comme consultant, la rédaction de courrier consomme soit du temps si vous le tapez vous-même, soit des frais de secrétariat, peu compatibles avec la rémunération conventionnelle.

Il me semble (mais je connais mal cet aspect administratif), qu’un patient adressé par un confrère, et dont la consultation est assortie d’un courrier en retour, permet de facturer un C2 (46€). Pratiquez-vous souvent cette cotation ?

Je trouve qu’une solution élégante serait la suivante : facturer séparément la consultation et le courrier au médecin traitant sous forme d’une lettre clé spécifique. Par exemple 23€ pour la consultation elle-même, et 7€ pour la rédaction d’un courrier.

A terme, si le DMP devient obligatoire (ce que je redoute), on pourrait imaginer que les généralistes soient concernés aussi : 7€ supplémentaires pour la rédaction d’un compte-rendu de consultation intégré dans le DMP.


Recent Comments by Dominique Dupagne

Faut-il obliger les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux ?
En fait, après en avoir discuté avec des médecins d’origine modeste ou rurale, leur réponse est que ce sont au contraire ceux-là qui veulent s’installer en ville, sur l’air de « je n’ai pas fait ces études pour retourner d’où je viens ».

Je pense que ce qu’il faudrait surtout, c’est permettre aux jeunes diplômés de « goûter » au rural plutôt que de s’installer directement, ce qui suppose une bonne dose d’inconscience.


Faut-il remettre en cause la vaccination ?
On a au moins une étude correcte, avec le vaccin contre le papillomavirus et son adjuvant aluminique http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0398762016000389

Augmentation significative du risque de Guillain Barré et de maladies inflammatoires de l’intestin. Dans l’absolu, cela fait peu de cas, mais il est donc impossible de dire que ce vaccin n’expose à aucun risque. (full text ici http://www.sciencedirect.com.sci-hub.io/science/article/pii/S0398762016000389 )

Le risque a pu être sous estimé par le refus de vaccination lié à une maladie auto-immune dans la parentèle.

Cela alimente la théorie « mesurée » : chaque vaccin expose à un risque très faible et doit donc apporter un bénéfice réel.


Faut-il remettre en cause la vaccination ?
Revenir aux sources est toujours précieux. La manie des autorités sanitaires de toujours vouloir enjoliver la réalité dessert en fait la vaccination en semant le doute dans le public.


Faut-il remettre en cause la vaccination ?
J’adhère à cette théorie. Qui n’enlève rien à l’intérêt de certaines vaccinations.


Faut-il remettre en cause la vaccination ?
Prépondérants, mais pas suffisants. L’humain survivait aux épidémies par sélection des individus résistants. Voulez-vous revenir à une mortalité infantile de 20% ?