1°)Parce que cela modifie la relation de soin plus profondément …

Comment on Pourquoi êtes-vous opposé au Tiers Payant Généralisé ? by COURTALHAC.

1°)Parce que cela modifie la relation de soin plus profondément qu’on ne le pense.
Pseudo gratuité pour le patient. Qui fait de lui un ayant droit (il cotise) dans le terme le plus fort qu’il soit.
Les évolutions antérieures: il venait pour se soigner. Puis il est venu pour obtenir le remboursement de ses médicaments. Puis pour obtenir le certificat d’arrêt de travail et les différents « papiers » liés aux divers certificats. Puis pour obtenir le mot de passe (le « courrier » qui permet le remboursement de la consultation spécialisée qu’il a décidé d’avoir et non plus que nous lui proposons, pour des motifs que nous savons éventuellement prendre en charge).
Et maintenant, il croit que tout sera gratuit chez le docteur (ce qui est faux). Et va encore modifier sa perception du médecin, en particulier généraliste.
Je me rappelle de cette phrase alors que j’ai exercé quelques années en secteur 2: vous coûtez plus cher, cela veut bien dire que vous êtes meilleure. Dans une relation de soin, de confiance, de conseil et d’accompagnement, que voudra dire « être gratuit »?
On peut craindre un : « C’est gratuit docteur, donc çà ne vaut pas grand chose »
Ou encore plus: « C’est gratuit, docteur, donc aujourd’hui je voudrai… une très longue liste de prestations »
2°)Parce que demain, ce sera la main mise des assurances privées sur l’exercice de ce métier et que leur but premier est de générer de l’argent sur la santé (indispensable si elles veulent survivre dans un monde entrepreneurial et dominé par les finances) et non pas d’assurer la meilleure santé possible.
Je serai pieds et poings liés par ce système. Je serai très intéressante pour eux, bien moins payée que mes confrères européens.
Et, en tant que patiente, j’aurai sans doute des contrats de plus en plus chers avec des prestations qui diminueront bien plus qu’avec la sécurité sociale (organisme public qui introduit une notion de solidarité face à la maladie et non de compétition face à la santé).
Qui choisit d’être malade?
Qui choisit un tel système?
Pas moi, ni en tant que médecin, ni en tant que patiente potentielle.