Si on considère qu’il n’y a jamais eu autant de …

Comment on Faut-il obliger les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux ? by Harriague D..

Si on considère qu’il n’y a jamais eu autant de médecins,mais pas là où il faudrait, la question du forçage pourrait paraître tentante.
Médecin, ayant vécu désert et zone largement fournie, je préfère témoigner de l’influence de l’origine socioprofessionnelle et géographique de mes confrères sur leur lieu d’installation et leur « comportement financier ».
La « reproduction » chère à Bourdieu me semble être une des causes principales de la désertification : les gosses de la campagne ne font pas médecine (en fait, ne le peuvent pas pour de multiples raisons) et ceux de la ville restent principalement à la ville.
Au lieu de dépenser des fortunes à créer des maisons médicales et à déplacer ces riches enfants de la ville, pourquoi n’aide t-on pas le fils de l’ouvrier agricole ou du mécano pour qu’il puisse faire ce type d’études (en commençant par le convaincre qu’il en est capable). Un gros pourcentage de ces enfants sera content de revenir dans son bled d’origine, sans doute avec des exigences financières moindres que le fils de «  » (d’ailleurs le guérisseur, lui, reste au pays).
Après, ça bouscule peut être un peu trop les préjugés, notamment le brillant concept de la méritocratie à la française…

Harriague D. Also Commented

Faut-il obliger les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux ?
Il me semble que votre vision de la ruralité est limitée.
Ce discours existe indiscutablement dans les ghettos périmétropolitains et je ne connais pas les petits villages des grandes plaines céréalières que j’imagine assez désertiques.
Je crains par contre que vous passiez à côté de la ruralité « bien vécue » (malgré les 2 à 300 km jusqu’à la première fac) par des jeunes fiers de leur village ( et de ses fêtes), heureux de combattre sportivement pour lui chaque semaine… d’y rester voire d’y revenir.
Mais il existe aussi dans ces villages existent des exceptions plus ou moins désocialisées, ceux que les parents fortunés emmènent tous les week-ends dans les résidences secondaires à la mer ou à la montagne… Pour ceux-là, effectivement l’avenir est au soleil.


Faut-il obliger les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux ?
En suivant le lien proposé par Dominique Dupagne à propos des déserts médicaux en NZ (https://twitter.com/DDupagne/status/703207757411782656), je complète la citation du médecin qui ne trouve personne pour l’aider ou le remplacer à 240.000 € par an et 3 mois de vacances :
« Auckland a la plus importante école de médecine et la plupart des gamins viennent de familles riches de la région. S’ils recrutaient plus d’étudiants des zones rurales, ils viendraient peut-être ici. »
Chez eux aussi, on vient du sérail…. mais le sujet semble moins tabou.