En tant que médecin installé depuis 33 ans, maitre de …

Comment on Faut-il obliger les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux ? by RÉTAUX Jean-Michel.

En tant que médecin installé depuis 33 ans, maitre de stage des universités depuis 13 ans, j’ai vu passer plus de 60 futurs jeunes diplômés, 3 ou 4 se sont installé en libéral à ma connaissance…
Ils sont d’abord rebuté par mes 70 h de travail hebdomadaire + absence de protection sociale + aucun plan de carrière.
Les avantages « libéraux » ont été grignotés méthodiquement depuis 50 ans. Il ne reste que les inconvénients.
2/3 des diplômes de MG sont des femmes. Expliquez leur « le désert, 70 h de travail par semaine, sans protection sociale, ni plan de carrière » Elles ont la plupart un conjoint diplômé, qui ne trouveras du travail qu’en ville. Ce conjoint diplômé gagne de 3000 à 4000 € mensuel.
A quoi bon travailler pour 4000 à 5000 € mensuel, une qualité de vie médiocre burn-outée, pour aboutir à un revenu de couple de 7000 à 9000 € mensuel. Cela vous mettra dans la tranche haute de la classe moyenne ou vous aller morfler un max en impôts, sauf à avoir 4 enfants ou plus, ce qui est impossible à 70 h hebdomadaire.
Donc un job administratif à 2500 € mensuel, 35 h/semaine, un plan ce carrière et une haute protection sociale, c’est un choix somme toutes raisonnable.
Travailler en France est devenu une punition tellement les charges et impôts sont élevés. En fin de carrière, je sait de quoi je parle.
Les solutions: une protection sociales égale aux salariés (et non plus 90 j de carence), un forfait structure pérenne (mur, fonctionnement, secrétariat…) une majoration d’honoraire lié à l’exercice en désert, modulable selon l’endroit d’installation.
Ma grand mère, vielle dame très sage disait : un âne avance mieux avec des carottes qu’avec des coups de bâton. L’obligation d’installation est donc vouée, par instinct humain, à l’échec.
Je n’ai donc que peu d’espoir de trouver un successeur, moi qui exploite ma compagne depuis 33 ans à mon service. C’était la loi du genre à mon époque; ça n’a heureusement plus cours.