Faut-il obliger les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux ?

Des cantons entiers se vident de leurs médecins. Le phénomène est en pleine accélération et les déserts médicaux s’étendent dangereusement. Que faire ? Les incitations ne marchent pas vraiment. Faut-il employer la manière forte et refuser le conventionnement aux médecins qui créent un cabinet en zone non prioritaire ? Faut-il étendre ce refus à ceux qui reprennent un cabinet existant ? N’existe-t-il pas un risque de détourner encore plus les médecins de l’exercice libéral ? 

Faut-il réserver les autorisations d'installation aux zones sous-dotées en médecins ?

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36 réflexions au sujet de « Faut-il obliger les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux ? »

      1. DrdeGauche

        Ça n’a rien à voir. Les enseignants sont SALARIES, avec garantie de salaire à vie. Ils sont payés pendant leur formation pratique, comme les polytechniciens, comme les médecins militaires, comme les magistrats. Ensuite,ils sont nommés là où on a besoin d’eux, mais ils peuvent changer par mutation au cours de leur carrière. C’est très différent des travaux forcés à Cambrousse-les-betteraves, en assumant tous les risques, tous les coûts, toutes les contraintes.

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        1. Thierry

          C’est curieux qu’on ne s’occupe que de la santé des campagnards, alors qu’on ferme leurs postes, leurs écoles, leurs banques, leurs stations services et leurs garages, voire leurs commerces. L’ADSL, la 4g, la radio numérique terrestre, les distributeurs de monnaie, la presse et j’en passe…leur est interdite tout comme l’accès à la culture hors TF1 ou C+. Finalement, DHL et amazon ont une vocation plus humaniste de la société que nos responsables politiques qui nous proposent la mort en bonne santé mais dans le desert à contribution fiscale quasi identique.

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          1. Aillevesse

            La notion de « désertification » est surtout la conséquence d’une politique de non-aménagement d’un territoire.Les généralistes, jeunes ou vieux n’ont pas vocation à jouer les missionnaires en terra incognata.
            Vouloir imposer à la jeunesse ce que nous avons refuser pour nous même en défendant bec et ongle la fameuse « liberté d’installation » est immoral.

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            1. Mathilde

              Sauf qu’aujourd’hui on manque de médecins dans des zones où il y a des postes, des écoles, des commerces et même la 4G… Tout ça à 30minutes de grandes agglomérations… chercher l’erreur ! Merci à Aillevesse de reconnaitre l’immoralité de l’opposition « jeunes contre vieux » Trouvons ensemble une solution, elle n’en sera que meilleure

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  1. JeanC

    C’est typiquement en effet une fausse bonne idée. Elle part du principe que l’on peut obliger les médecins à s’installer quelque part ce qui est faux. On peut les en empêcher mais pas les forcer !! Et comme il y a une offre importante pour des postes salariés, des remplacements lucratifs voire des postes à l’étranger, cette mesure aura pour seul effet de dissuader les médecins de s’installer ou que ce soit.
    Cela me fait penser à la loi Quillot sur les loyers il y a 30 ans. Elle était tellement protectrice pour les locataires que les propriétaires ont arrêté de louer et d’investir, provoquant une grave crise du logement.

    Jean-Claude généraliste dans le 94.

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  2. Dr jb blanc

    Je suis impressionné par le nb de oui. Pour ma part si on me fait ça je fais autre chose. Sinon la question pourrait se passer du »jeune » devant médecin. On peut s’installer à tout âge

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    1. Dominique Dupagne Auteur de l’article

      Pas moi. « Pour chaque problème, il y a une solution simple, évidente, et fausse… ». Il est très difficile de faire comprendre le caractère abusif et surtout contreproductif de cette mesure.
      Les arguments comme « on leur a payé leurs études », « c’est nous qu’on les paye avec nos cotisations sociales » font mouche auprès du public, et des électeurs…

      On a connu des situations de ce type qui se sont mal terminées : l’effet a été désastreux, mais le principe a été maintenu. Bon exemple : l’ISF. Je viens de finir un livre très sympa : « LES STRATÉGIES ABSURDES » comment faire pire en voulant faire mieux : http://www.univ-reims.fr/site/laboratoire-labellis/laboratoire-d-economie-et-gestion-de-reims-regards-ea-6292/gallery_files/site/1/1697/3184/5292/6643/40813.pdf

      Médecine Généraliste à Paris

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  3. dr niide

    Le conventionnement sélectif ne réglera certes pas immédiatement les difficultés d’accès aux soins de certaines zones. A moyen terme on peut en attendre une meilleur répartition sur le territoire. Il ne s’agit pas d’obliger les médecins à s’installer en zone moins médicalisée mais de les empêcher de le faire en zone sur médicalisée

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  4. Frédéric Urbain

    Médecin généraliste universitaire : nous observons déjà actuellement une très forte crainte des jeunes médecins devant l’installation. Si de surcroît nous les obligeons à s’installer ailleurs que là où ils le souhaitent, ils vont être encore moins nombreux à s’installer en libéral, la plupart iront occuper des postes salariés, aggravant le déficit.

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  5. Sarah B

    Pourquoi ne pas organiser un jour par semaine pour tous les médecins (généralistes et spécialistes) dans un centre situé dans une région désertique, la plus proche de leur lieu d’exercice, où ils pourraient consulter dans un cadre agréable avec des secrétaires qui s’occuperaient de l’administratif et des infirmières qui auraient fait un pré-tri des patients nécessitant vraiment une consultation? Avec une rémunération intéressante pour compenser le déplacement, et une incitation sur le principe de la solidarité pour la permanence des soins? Et également proposer des consultations ambulantes dans un bus aménagé qui se rendrait dans les zones très désertiques avec des médecins, infirmières, et un labo embarqué qui ferait les examens de base?

    (médecin urgentiste)

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    1. Dominique Dupagne Auteur de l’article

      Bonjour
      Cette proposition a déjà été faite par le blogueur Borée. Malheureusement, le journal Egora à titré sur un salaire de 2000€ par mois ce qui a provoqué de nombreuses réactions négatives. Mais sur le principe, un poste salarié avec une logistique correcte attirerait de nombreux jeunes médecins effrayés par la lourdeur d’une installation et son caractère définitif. Il ne serait même pas nécessaire de faire appel à des médecins déjà installés (et débordés).

      Non seulement une telle solution permettrait de créer une offre de soins en zone « désertique », mais elle pourrait inciter de jeunes médecins à franchir le pas et à s’installer dans une région que cette fonction temporaire leur aurait permis de découvrir !

      Idem pour les spécialistes ambulants, il faut juste l’organiser correctement, c’est une très bonne idée.

      Tout cela est préférable aux installations forcées !

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  6. Hugo DIAZ

    Il n’y a pas que les revenus qui posent problème. C’est vouloir à tout prix mettre un médecin dans un village alors qu’il n’y a plus de poste, d’épicerie, de transport en commun et d’emploi pour les habitants. Pour attirer le médecin, il faut qu’il y ait les infrastructures et services de bases, ce qui est de moins en moins le cas.
    Et les médecins manquent partout maintenant.
    Après, faire qu’un médecin aille dans un endroit par intérêt et décision collective, oui. Mais ce qui compte c’est qui prend la décision (l’ARS via ses bureaucrates qui ne vont jamais dans ce genre de village ? Le Conseil de l’ordre qui est une structure obligatoire et non réellement démocratique ? La Sécurité Sociale, structure privée à mission de service public ? Le/la Préfet(e) ? Les élus locaux ? Les associations citoyennes locales ? Les médecins déjà installés dans le coin ?).

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  7. doc.plancher

    l’obligation est inutile , le problème reste la non installation en libéral des jeunes médecins , sans doute due en partie à la féminisation importante du corps médical.La solution me parait plutot à rechercher du coté de la rémunération , qui dvrait ètre proportionnelle à la densité médicale de la zone , partant de 23€ pour les zones les mieux dotées, en montant franchement , à 35€ par exemple , pour les déserts le plus prononcés.

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    1. Aurore Bastint

      Arrêtez de confondre « en médecine générale » et « en libéral », on peut très bien s’installer en médecine générale y compris dans une zone sous dotée, sans fonctionner en libéral.
      La féminisation du corps médical n’a rien à voir là dedans, de nombreuses jeunes femmes s’installent en zones rurales.
      Enfin et surtout, au bout de combien de millions d’euros dépensés par la sécu (c’est à dire par la collectivité) comprendra-t-on que l’incitation financière ne fonctionne pas sur une profession déjà très confortablement rémunérée ? Les zones blanches bénéficient déjà d’une défiscalisation des activités de permanence des soins, ce qui n’a pas l’air de produire grand chose de plus qu’un effet d’aubaine pour les médecins qui s’y seraient de toute façon installés.

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      1. Dominique Dupagne Auteur de l’article

        Bonjour Aurore,
        Je ne comprends pas bien ce que vous entendez par « installation non libérale ». Si c’est du salariat, on ne parle généralement pas d’installation.

        Il faudrait trouver des statistiques sur la féminisation, vous avez peut-être raison.

        Pour ce qui est des incitations financières, vous avez sans doute raison de penser que ce n’est pas si simple. Je ne peux néanmoins pas m’empêcher de penser comme doc.plancher qu’une incitation forte (50% dans son exemple) pourrait avoir un effet attractif fort, tout en restant inférieur en terme de coût pour la collectivité, à un médecin salarié. Je précise que je ne suis pas particulièrement attaché au paiement à l’acte.

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    2. Mathilde

      Une étude réalisée par l’ordre des médecins a montré que les évolutions n’étaient pas liées au genre mais à un effet générationnel. Et oui, aujourd’hui, même les hommes trainent des poussettes et vont chercher leurs enfants. Bienvenu.e.s au XXIème siècle.
      Quant à la rémunération, ce n’est pas le problème de la profession, a fortiori dans les zones en difficulté où l’activité est vite (trop ?) forte. peut-être vaudrait-il mieux s’interroger sur les conditions de travail, la mise en réseau et la protection sociale de la profession ?

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  8. Gauthier

    La question résume la pensée politicienne machiavélique : imposer une contrainte discriminante pour cliver les corporatismes afin de mieux les diriger.
    Alors que dans les faits on peut y opposer plusieurs critiques. Faut-il obliger (par la loi mais alors où est la place de la liberté et de l’égalité, premiers termes de notre devise nationale ?) les jeunes médecins ( les jeunes ont-ils des raisons d’être contraints plus que les autres ? ) à s’installer ( 1 médecin sur 10 qui sort de la fac s’installe dans les faits ) dans les déserts médicaux ( pour ne pas dire désert tout court ou territoires abandonnés par l’état providence ) ? Donc répondre à cette question pour un jeune médecin français c’est s’empêtrer dans la rhétorique de la division (jeunes vs vieux médecins).
    J’ai voulu il y a quelques temps m’installer au Québec et là-bas les règles sont simples : tout médecin étranger DOIT s’installer dans une zone sous-dotée pendant une durée de 5 ans avec une majoration de ses tarifs allant de 10 à 25 % selon la zone. Le nouvel arrivant doit aussi passer une équivalence qu’il doit lui-même financer à hauteur de 30000 dollars sur plusieurs semaines avant d’exercer, sans avoir la certitude de l’obtenir.
    Dans ce cas c’était moi l’étranger et j’ai trouvé leurs exigences parfaitement légitimes !

    Le seul argument valable en France, c’est que « tant que ça touche les autres sauf moi, c’est une bonne chose ». Logique que la population scande les arguments propagandistes de la bureaucratie médiatico-politique, du genre « on (qui donc est ce on ?) leur a payé leurs études alors il doivent à la société 5 ans » : à ceci je répondrai que l’on a déjà largement payé en étant sous payé pendant 3 ans d’exernat ( 1 euros de l’heure , voire moins pour une garde) et 3 ans d’internat (je n’ai pas fait de calcul horaire pour rester stable psychiquement).

    Hors les effets d’une telle coercition seraient bien délétères sur la société, pourquoi ?
    Pour commencer, les jeunes médecins candidats à l’installation sont rares et les caresser à rebrousse poils serait certainement dissuasif. Ensuite, l’aiguillage obligatoire vers la campagne signifie implicitement la fin de liberté d’installation ce qui arrangerait bien certains seniors en préretraite qui pourront fixer de nouveau le tarif de cession de leur patientèle… à prix d’or. Il ne faut pas oublier aussi que ces dits « jeunes » (en fait des trentenaires pour beaucoup parents) ont un(e) conjoint(e) qui travaille et comme les postes de salariés en médecine sont nombreux dans les villes, le choix sera vite fait.
    Ensuite, imaginez-vous dans un lieu que vous ne connaissez pas, où vous êtes en quelques sortes « forcés » de soigner, sans compter les difficultés personnelles et familiales que cela comporte. Quel sera la qualité de la relation médecin patient ? Il faut se souvenir qu’un bon médecin est un médecin heureux.

    Donc au final, je n’ai pas de solutions miracles si ce n’est de reprendre les arguments de doc.plancher et Hugo DIAZ à savoir une nette majoration des honoraires, un environnement de travail digne d’une permanence parlementaire (avec les financements qui vont avec!), une mise au service de l’administration pour le médecin et non l’inverse !

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  9. Jeep

    Question encore une fois mal posée, d’ autant que ce que proposent nombre d’hommes politiques (de gauche et de droite) ce n’ est pas tant d’obliger à aller dans un coin que de geler l’ installation dans les zones surdotées.
    Ce qui aurait PEUT-ËTRE été une idée pas trop mauvaise dans les années 70 à 90, lors du pic de démographie, pour re-répartir le trop plein (AU LIEU DE mettre en place le num. clausus); Mais maintenant il y a en fait très peu de coins vraiment saturés, doncçà ne reglerait rien.

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  10. Trinques

    Ies déserts médicaux ne sont jamais que des lieux où le manque de médecins devient visible! L’exercice libéral est dramatiquement délaissé par la jeune génération. Dans les zones urbaines plus dense, tous les cabinets sont en surchauffe! Et l’obligation ne fera que détourner encore plus les jeunes de l’exercice libéral!

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  11. RÉTAUX Jean-Michel

    En tant que médecin installé depuis 33 ans, maitre de stage des universités depuis 13 ans, j’ai vu passer plus de 60 futurs jeunes diplômés, 3 ou 4 se sont installé en libéral à ma connaissance…
    Ils sont d’abord rebuté par mes 70 h de travail hebdomadaire + absence de protection sociale + aucun plan de carrière.
    Les avantages « libéraux » ont été grignotés méthodiquement depuis 50 ans. Il ne reste que les inconvénients.
    2/3 des diplômes de MG sont des femmes. Expliquez leur « le désert, 70 h de travail par semaine, sans protection sociale, ni plan de carrière » Elles ont la plupart un conjoint diplômé, qui ne trouveras du travail qu’en ville. Ce conjoint diplômé gagne de 3000 à 4000 € mensuel.
    A quoi bon travailler pour 4000 à 5000 € mensuel, une qualité de vie médiocre burn-outée, pour aboutir à un revenu de couple de 7000 à 9000 € mensuel. Cela vous mettra dans la tranche haute de la classe moyenne ou vous aller morfler un max en impôts, sauf à avoir 4 enfants ou plus, ce qui est impossible à 70 h hebdomadaire.
    Donc un job administratif à 2500 € mensuel, 35 h/semaine, un plan ce carrière et une haute protection sociale, c’est un choix somme toutes raisonnable.
    Travailler en France est devenu une punition tellement les charges et impôts sont élevés. En fin de carrière, je sait de quoi je parle.
    Les solutions: une protection sociales égale aux salariés (et non plus 90 j de carence), un forfait structure pérenne (mur, fonctionnement, secrétariat…) une majoration d’honoraire lié à l’exercice en désert, modulable selon l’endroit d’installation.
    Ma grand mère, vielle dame très sage disait : un âne avance mieux avec des carottes qu’avec des coups de bâton. L’obligation d’installation est donc vouée, par instinct humain, à l’échec.
    Je n’ai donc que peu d’espoir de trouver un successeur, moi qui exploite ma compagne depuis 33 ans à mon service. C’était la loi du genre à mon époque; ça n’a heureusement plus cours.

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    1. Dominique Dupagne Auteur de l’article

      Un précision pour ceux qui seraient étonnés par les 70h de travail hebdomadaire. La moyenne nationale est de 55 heures, mais c’est en ville que l’on trouve des médecins avec une faible activité. Dans les campagnes, la demande est telle qu’il est en effet quasiment impossible de descendre en dessous des ces horaires déments.

      La situation décrite par le Dr Rétaux est réelle et explique en grande partie la désertification médicale des zones rurales et semi-rurales.

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      1. Mathilde, remplaçanre

        Je travaille dans des cabinets ruraux où les médecins que je remplace ne travaille pas 70h par semaine bien que nous soyons confrontés aux difficultés liées à la répartition inégale des médecins sur le territoire. De jeunes médecins, homme ou femme (ce n’est pas une question de genre mais de génération, cf le CNOM !) s’installent dans ce secteur pour la qualité de vie, la qualité relationnelle et la diversité des patientèles. mais ils s’installent dans des cabinets où la collaboration entre soignants a été privilégiée à la compétition qui règne parfois… Alors nuançons les propos et tachons de ne pas opposer ruraux et urbains

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    2. RÉTAUX Jean-Michel

      Je me répond à moi-même pour préciser les choses :
      Je fais 8 h-21 h chaque jour * 4 j soit 52 h
      Je fais 8 h-13 h le samedi soit 5 h
      Je fais 3 h de compta, lecture médicale, formation (2 soirées par mois + qques stages DPC. Nous arrivons à 60 h/semaine.
      Je ne prend plus de garde, ayant démissionné et comme organisateur (bénévole pendant 27 ans pour mon secteur) et comme effecteur (1 WE / 2 mois et 3 soirées/mois) Nous étions bien à 70 h / hebdo de moyenne.
      Vous pouvez faire moins, mais il faut travailler plus vite (je suis certes, lent, consacrant 20 min de présence-patient par Cs, en moyenne) ou subir la pression de la demande sans sourciller (du genre mon bébé sort de crèche à 17 h, 40° de fiévre : pouvez-vous le voir aujourd’hui Docteur : NON)
      Je fais 7500 actes annuel.
      Je tient le coup grâce à mon épouse, (collaboratrice « littéralement sainte » pour avoir supporté tout ce qu’elle a supporté); une journée milieu de semaine ou je ne met pas les pieds au cabinet, les associés assurant les urgences, et réciproquement; une santé exceptionnelle (pas un jour d’absence en 42 ans d’activité médicale (études comprises), et beaucoup de vacances (8 semaines toutes ma carrière, 10 à 12 à l’approche de la retraite.
      Est-ce bien, est-ce mal : tout dépend si on voit les verres a moitié plein ou à moitié vide. Ma personnalité privilégie toujours l’a moitié plein !

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  12. Harriague D.

    Si on considère qu’il n’y a jamais eu autant de médecins,mais pas là où il faudrait, la question du forçage pourrait paraître tentante.
    Médecin, ayant vécu désert et zone largement fournie, je préfère témoigner de l’influence de l’origine socioprofessionnelle et géographique de mes confrères sur leur lieu d’installation et leur « comportement financier ».
    La « reproduction » chère à Bourdieu me semble être une des causes principales de la désertification : les gosses de la campagne ne font pas médecine (en fait, ne le peuvent pas pour de multiples raisons) et ceux de la ville restent principalement à la ville.
    Au lieu de dépenser des fortunes à créer des maisons médicales et à déplacer ces riches enfants de la ville, pourquoi n’aide t-on pas le fils de l’ouvrier agricole ou du mécano pour qu’il puisse faire ce type d’études (en commençant par le convaincre qu’il en est capable). Un gros pourcentage de ces enfants sera content de revenir dans son bled d’origine, sans doute avec des exigences financières moindres que le fils de «  » (d’ailleurs le guérisseur, lui, reste au pays).
    Après, ça bouscule peut être un peu trop les préjugés, notamment le brillant concept de la méritocratie à la française…

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  13. furt11

    Je pense, une fois de plus, que le débat est mal posé.

    1. Pourquoi uniquement les jeunes (sachant qu’il y a des remplaçants d’un certain âge – et qu’on est bien content de les trouver !) ?
    S’en prendre uniquement aux jeunes médecins, c’est considérer qu’il y a une génération qui aurait droit à la liberté d’installation, au secteur 2, à une ASV avantageuse etc et une génération à qui il ne resterait plus aucun avantage et c’est inacceptable.

    2. Qu’est-ce qu’un désert médical ? Réponse : C’est une région où l’on manque de médecins.
    Prenons une seconde le problème à l’envers. Quelles sont les régions (ou plutôt les bassins de vie) où l’on ne manque pas de médecins ? Réponse : ce sont ces fameuses zones sur-dotées (ou « normo-dotées »), dont tout le monde parle mais que personne n’a vues !… et pour cause, elles n’existent pas – c’est un peu comme Alésia dans Astérix…
    La réalité, que les pouvoirs publics tentent de dissimuler pour s’exonérer de leur responsabilité et incriminer les seuls médecins, c’est que tous les territoires sont touchés, pas seulement les zones rurales – j’ai lu hier que Paris intramuros a perdu 17 % de médecins généralistes en 6 ans.

    Le problème de la démographie n’est pas un problème de répartition. C’est un problème de nombre (numerus clausus trop bas pendant 30 ans). C’est aussi un problème lié aux conditions d’exercice, aux tâches qui sont confiées aux médecins (faut-il avoir un diplôme de docteur en médecine pour délivrer un test Hémoccult après un questionnaire approprié ?), un problème d’insuffisance de temps médical en raison d’hyperinflation de la paperasserie et j’oublie encore d’autres composantes du problème.

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  14. D.Harriague

    En suivant le lien proposé par Dominique Dupagne à propos des déserts médicaux en NZ (https://twitter.com/DDupagne/status/703207757411782656), je complète la citation du médecin qui ne trouve personne pour l’aider ou le remplacer à 240.000 € par an et 3 mois de vacances :
    « Auckland a la plus importante école de médecine et la plupart des gamins viennent de familles riches de la région. S’ils recrutaient plus d’étudiants des zones rurales, ils viendraient peut-être ici. »
    Chez eux aussi, on vient du sérail…. mais le sujet semble moins tabou.

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    1. Dominique Dupagne Auteur de l’article

      En fait, après en avoir discuté avec des médecins d’origine modeste ou rurale, leur réponse est que ce sont au contraire ceux-là qui veulent s’installer en ville, sur l’air de « je n’ai pas fait ces études pour retourner d’où je viens ».

      Je pense que ce qu’il faudrait surtout, c’est permettre aux jeunes diplômés de « goûter » au rural plutôt que de s’installer directement, ce qui suppose une bonne dose d’inconscience.

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      1. D.Harriague

        Il me semble que votre vision de la ruralité est limitée.
        Ce discours existe indiscutablement dans les ghettos périmétropolitains et je ne connais pas les petits villages des grandes plaines céréalières que j’imagine assez désertiques.
        Je crains par contre que vous passiez à côté de la ruralité « bien vécue » (malgré les 2 à 300 km jusqu’à la première fac) par des jeunes fiers de leur village ( et de ses fêtes), heureux de combattre sportivement pour lui chaque semaine… d’y rester voire d’y revenir.
        Mais il existe aussi dans ces villages existent des exceptions plus ou moins désocialisées, ceux que les parents fortunés emmènent tous les week-ends dans les résidences secondaires à la mer ou à la montagne… Pour ceux-là, effectivement l’avenir est au soleil.

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